La Page Tournée - Policier

 

La Page Tournée

Editeur : JePublie - Prix E-Book : 8 euros - Publication : 2010
Mon premier roman publié. C'est celui qui me touche le plus.

C'est un policier, un peu 'noir', avec des personnages parfois insaisissables. Tout commence pourtant tranquillement, pour basculer dans une  série de meurtres, sans liens apparents. Le commissaire Delmar, avec son assistante Carole Solène vont être confrontés à des victimes au passé  incertain, et à des suspects attachants, et des révélations troublantes. Peu d'entre eux sortiront indemne de cette aventure.

 

Extrait ...

- Commissaire, vous avez demandé à me voir ?

- Oui Monsieur le juge, je suis assez ennuyé.

 Le juge d’instruction regardait le commissaire Delmar, homme discret mais efficace. Cela faisait plusieurs années qu’ils se connaissaient, et il appréciait les qualités de ce policier, qui arrivait à résoudre des affaires délicates.

Aussi, avait-il été surpris quand celui-ci avait demandé à le voir, alors qu’il n’y avait que des affaires banales en ce moment.

 - Vous m’inquiétez Delmar, pourtant vous n’avez rien de particulier en ce moment ? Des problèmes personnels ?

- Non, Monsieur le juge. Je suis sur l’affaire Plarac, Bertrand Plarac.

- Ah oui, l’accident de La Roque-Gageac ?

- Exactement. Je crains que ce ne soit pas un accident, monsieur le juge.

 Le juge d’instruction le dévisagea.

- Vous n’êtes pas sérieux, Delmar ?

- Je crains que si. En faisant l’enquête de routine, je voulais rencontrer ses amis, car, a priori, Bertrand Plarac n’avait rien à faire à La Roque-Gageac, d’après son frère Fabien. L’un de ses amis, Alain Dupin, est décédé récemment d’une overdose.

- Coïncidence, aucun lien apparent entre les deux affaires.

- Alain Dupin n’était pas connu de nos services, et, il semblerait qu’il n’ait jamais auparavant touché à la drogue. Cependant, deux personnes se connaissant décédant à quelques semaines d’intervalle me laissaient perplexe. D’autre part, un de leurs amis communs, Gilbert Lumière, totalement disparu durant la même période, vient d’être retrouvé en pleine forêt à moitié bouffé par les animaux.

 Un silence se fit entre les deux hommes.

- Monsieur le juge, une mort peut être un accident, deux cela devient suspect, trois, ce sont des meurtres. Et puis, en pareille circonstance, tomber d’une falaise en s’empalant le postérieur sur une branche est assez extraordinaire, mais là, cela ressemble à un acte volontaire. Malheureusement, je ne suis pas chargé des autres affaires, qui vont être classées dans les prochains jours. Je souhaite être chargé de ces affaires, qui n’en font qu’une à mon avis. Il me faut les mains libres sur tout le territoire, Gilbert Lumière ayant été retrouvé en Sologne, Alain Dupin à Paris.

- En effet, tout cela me semble bien étrange. J’en informe le Procureur, et appuie votre demande.

- Merci Monsieur le juge. Je ne sais pourquoi, je sens une affaire très... oppressante, noire. J’ai bien peur que la série continue.

- La cause de la mort de Plarac, on est sûr que c’est la chute ?

- Difficile à dire, la légiste a recensé des multitudes de coups, de blessures, mais étant donnée la chute, il est impossible de discerner ceux qui sont dus aux impacts de ceux qui auraient pu être donnés avant. Il est tombé d’une falaise abrupte, avec de nombreux rochers et arbustes. En plus, entre la date du décès et la découverte du cadavre, on a eu un orage violent qui a effacé toutes les traces.

- On savait ce qu’il allait faire là-haut ?

- Non. On a juste retrouvé sa voiture.

- Que savez-vous d’autre sur Bertrand Plarac ?

- Peu de choses, il a un frère un peu plus jeune. Ils bricolent tous les deux dans une casse et font les beaux gosses devant les filles. Vie sans histoire semblerait-il. On a juste retrouvé la photo d’une jeune fille dans une de ses poches, en tenue d’Eve, et dans une position plus que suggestive.

- On sait qui c’est ?

- Non, mais cela risque de poser de nouveaux problèmes.

- Pourquoi ?

Sans un mot, il mit la main dans sa poche, et sortit une photo. L’original dont lui avait parlé le commissaire avait été agrandi afin d’avoir uniquement le portrait de la jeune fille pour les besoins de l’enquête. Le visage fin, joli, les cheveux longs et bruns, elle semblait triste.

 Le juge contempla ce visage inconnu.

- Elle me paraît mineure.

- J’en ai peur. Je veux cette affaire, Monsieur le juge, il y a, j’en suis convaincu, un drame humain derrière tout cela.

 

© Guy Pasquet

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